Josquin et Condé sur l’Escaut, sortie publique le 8 avril

Mis en ligne le 30 mars 2016 dans Blog, Slider | 0 commentaires

UneJosquin6-72DPILe CD est sorti le 8 avril chez AR RE-SE. Vous pouvez cependant encore trouver l’appel à souscription et à mécénat ici

Les premières critiques arrivent:

ON Magazine: « Avec ces deux Messes représentant un sommet dans l’art de la polyphonie franco-flamande, Maurice Bourbon ajoute deux éléments essentiels à son intégrale des messes de Josquin Desprez, comblant ainsi un vide concernant un des plus grands bâtisseurs de cathédrales sonores de son temps. Une réussite obtenue grâce au concours des Ensembles Métamorphoses et Biscantor ! dirigés à la perfection par un directeur musical en état de grâce : Maurice Bourbon. »
Texte : Michel Jakubowicz   Pour en savoir plus

et sur MEDIAPART: https://blogs.mediapart.fr/frederick-casadesus/blog/150416/deux-messes-de-josquin

et aussi sur le site musiqueclassique and co .

Sur la Newsletter de l’Education Musicale avril 2016: « A tous points de vue (livret avec dialogue imaginé, excellente analyse, interprétation hors du commun): disque à acquérir impérativement. » (Edith Weber); pour en savoir plus

Dans La vie

Et dans Classica

Maurice Bourbon est passé pour parler de Josquin et du CD dans les émissions radio suivantes:
– Classic Club, France Musique, journaliste Lionel Esparza, le 5 avril en direct de 22h30 à 24h
– Fréquence Protestante, journaliste Frédérick Casadesus, le 23 mai en direct de 14h à 14h30, l’entendre ici
– Radio Classique, journaliste Laure Mézan, le 9 juin à 13h, l’entendre
– En pistes, France Musique, journaliste Emilie Munéra, date à définir.

Une brève description du CD est disponible ici en anglais, et en français.

Vous pouvez entendre 3 extraits de la Pange lingua:

– Kyrie

Osanna 2

Agnus Dei 2

et 2 extraits de la de beata Virgine:

Sanctus

Agnus Dei 1

Conversation avec Josquin (Maurice Bourbon)

  • Sais-tu que j’ai le même âge que le tien quand tu as composé la Pange lingua? C’est peut-être pourquoi j’y suis si sensible et me suis tant régalé à la diriger !

Josquin est de bonne humeur ce matin :

  • Hé, hé, ça crée des liens !
  • S’il en était besoin… En tant que compositeur, je ressens intensément l’unité de l’œuvre. Le thème principal, exposé dès le début au tenor, puis suivi au bassus à la quinte, traverse ensuite toute l’œuvre. Aucune uniformité cependant, grâce aux canons variés, à l’octave, à la quinte, à la quarte, aux « machines » josquiniennes, à l’insertion de blocs homophoniques, et enfin aux différents tempi que j’ai choisis. Par contre, il y a relativement peu de polyrythmes, c’était peut-être l’âge (rire)…
  • …..
  • J’ai travaillé avec passion les tempi et les équivalences, quasiment pendant un an. Je pense que tu retrouveras la fluidité et la variété que tu y avais imaginées : plainte et majesté dans le Kyrie, mécanismes serrés des Et in terra pax, Patrem omnipotentem,  Et resurrexit jusqu’à l’accélération du Et in spiritum jusqu’au Amen final, intériorité des Qui tollis,  Et incarnatus est, Sanctus, Benedictus et bien sûr lyrisme serein des Agnus Dei.
  • Pas de difficultés particulières ?
  • Pas vraiment.     ….

Suite dans le livret du CD…

 

A Conversation with Josquin (Maurice Bourbon)

  • Did you know I’m the same age you were when you wrote the Pange lingua? Maybe that’s why I find it so moving and enjoyed conducting it so much!

Josquin is in a good mood this morning:

  • (Chuckling) That makes a bond between us.
  • As if we needed one…As I composer myself, I strongly feel the work’s unity. The main theme, which appears at the beginning in the tenor, then a fifth below in the bassus, recurs throughout the work. Uniformity, on the other hand, is kept at bay through canons at the octave, the fifth and the fourth, your “machines”, the occasional homophonic passage, and the varied tempi I chose. Polyrhythms are relatively rare, though…our age must be catching up with us! (Laughter)
  • ……….
  • I fervently researched tempi and proportions for nearly a year, and think you’ll hear the fluidity and variety you had in mind: the pathos and majesty of the Kyrie; the close-knit “machines” in the Et in terra pax, Patrem omnipotentem, and Et resurrexit that lead to the acceleration of the Et in spiritum and continue to the concluding Amen; the soul-searching of the Qui tollis, Et incarnatus est, Sanctus, and Benedictus, and the peaceful lyricism of the Agnus Dei.
  • Did you run into any special difficulties?
  •  Not really.   ….. Suite dans le livret du CD….

 

Josquin Desprez  à Condé-sur-l’Escaut (Jacques Barbier)

 Josquin quittant Ferrare[1] arrive très rapidement à  Condé-sur-l’Escaut le 3 mai 1504, un document faisant figurer les quatre nouveaux chapelains admis au chapitre de Notre-Dame dont « Monsieur le Prévost, messire Josse des pres ». Un singulier jeu de chaises musicales amène ainsi Josquin à remplacer Pierre Duwez qui succède à Douai à Loyset Compère qui lui-même devient chanoine à Saint-Quentin. Condé est en effet un centre musical actif et renommé soutenant la comparaison avec les autres foyers musicaux du Nord comme Saint-Quentin, Soignies, Cambrai ou la cour de Malines près de Bruxelles avec la présence de la régente des Pays-bas espagnols, Marguerite d’Autriche.

Le retour à Condé-sur-l’Escaut n’est pas pour autant synonyme de retraite car être prévôt signifiait assurer la direction du collège des chanoines, c’est-à-dire la gestion d’un ensemble d’environ soixante-dix personnes : les chanoines (résidents ou non), les chapelains, les vicaires (petits et grands) ainsi que les chantres. Les bénéfices matériels de cette charge enviée l’abritent maintenant de tout souci matériel. En 1508, un quiproquo réunit d’ailleurs épistolairement Marguerite d’Autriche au chapitre de Notre-Dame à Condé. La souveraine croyant la prébende de Josquin vacante, écrit pour proposer un nouveau bénéficiaire, le docteur Collerab. Le chapitre lui répond alors non sans humour le 23 mai :

 

Tres exellente et redoubtee princesse. En tres parfonde humilité nous voz recommandons a vostre noble grace vostre bon plaisir soit de savoir tres excellente et redoubtee princesse que incontinent la reception de voz lettres nous noz sommes par vraye et entiere obeissance transporté en nostre chapitre ou nous avons veu et ouy la teneur dicelles contenans en substance la requeste que il vous a pleut faire pour le docteur Collerab. A coy pour response obediente nous vous advertissons tres redoubtee princesse que nostre prevost est en tres bonne sancté appellé Josquin Desprez. Lequel lui meismes a lut vos dictes lettres.

 

Bien qu’âgé d’une soixantaine d’années environ, Josquin se porte donc bien ;… Suite dans le livret du CD

 

Josquin Desprez in Condé-sur-l’Escaut (Jacques Barbier) 

After leaving Ferrara[1] Josquin arrived almost immediately in Condé-sur-l’Escaut. A document dating from 3 May 1504 mentions that four new canons, including “Monsieur le Prévost, messire Josse des pres” (the provost Josquin Desprez), had been admitted to Notre Dame at Condé. In an extraordinary game of musical chairs, Josquin replaced Pierre Duwez, who took over Loyset Compère’s position in Douai when the latter became a canon of Saint-Quentin. Condé was at the time a lively and renowned musical centre, and was favourably compared with other northern musical hubs such as Saint-Quentin, Soignies, Cambrai, and the court of Malines, near Brussels, which was graced by the presence of the regent of the Spanish Netherlands, Margaret of Austria.

 

Josquin’s return to Condé-sur-l’Escaut in no way represented a withdrawal from the working world: as provost he was responsible for directing the college of cannons, which involved managing approximately 70 people including the resident and non-resident canons, chaplains, vicars great and small, and the cantors. This envied position commanded a salary that left Josquin free from all material cares. In 1508 a misunderstanding led to an exchange of letters between Margaret of Austria and the chapter of Notre Dame at Condé. Margaret believed that Josquin’s position had become vacant, and wrote to suggest the doctor Collerab replace him. The chapter’s reply to her on 23 May included a touch of humour:

 

Tres exellente et redoubtee princesse. En tres parfonde humilité nous voz recommandons a vostre noble grace vostre bon plaisir soit de savoir tres excellente et redoubtee princesse que incontinent la reception de voz lettres nous noz sommes par vraye et entiere obeissance transporté en nostre chapitre ou nous avons veu et ouy la teneur dicelles contenans en substance la requeste que il vous a pleut faire pour le docteur Collerab. A coy pour response obediente nous vous advertissons tres redoubtee princesse que nostre prevost est en tres bonne sancté appellé Josquin Desprez. Lequel lui meismes a lut vos dictes lettres.

 

We are thus assured that Josquin was in good health at the age of approximately 60.   …. Suite dans le livret du CD…

 

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